jeudi 14 août 2008

Marcelle et ses pensées.


Bonjour !...Bon. comment je vous appelle, aujourd'hui.... Il manque un truc si je ne vous "appelle pas"...... ça fait "anormalement sobre"... vous trouvez pas. Ca ne me ressemble pas tellement, d'être sage.... Vous en pensez quoi ? vous ? Est ce que je suis sage...? Est ce que je suis une femme sage ?..... Pas une "sage femme" , en tout cas. J'ai jamais mis au monde de bébé... Ca m'aurait pas déplu, remarquez, si j'avais eu les compétences. C'est sûrement un des plus beaux métiers au monde... Moi, tout ce qui touche le soin aux gens, qu'ils soient bébés, enfants, adultes, ou bien vieux, pour moi, c'est sacré.
Bon. Je m'éloigne. Suis je sage......? OUI.... J'ai du culot, hein, de dire ça... J'aurai mieux fait de donner dix sous à quelqu'un pour qu'il le dise à ma place.... Voyons, objectivement. Je vais faire mon examen de conscience..... Ho, putain, je suis serieuse, là pour le coup... Disons que si je considère objectivement le fait que je ne sois pas capable d'éprouver des sentiments négatifs envers les autres humains.... C'est vrai que je suis comme ça..... Ce qui quelquefois, est un handicap, je vous signale, parce que menacer un "gros connard" de lui foutre mon pied au cul, c'est bien là le maximum que ma nature lui accorde de pire.... C'est pas terrible, hein, comme méchanceté.... Ben , oui, je suis comme ça.... ( est ce ma faute à moi etc etc etc etc.....).
Je parlais de sagesse, donc. Eventuellement, je serai donc sage.... Comme une image.... Pas trop lisse, l'image alors.... Parce que quand même ça me gêne un peu, là pour le coup.
C'est marrant, parce que ça me fait penser à Marcelle...Je sais pas si vous vous souvenez. C'est ma petite vieille que je vais visiter une fois par semaine. C'est assez amusant, parce que quand elle en a marre de vivre, Marcelle, elle fait son examen de conscience. Et comme elle deteste les curés, elle ne demandera pas à en voir un quand ce sera le moment. Par contre, elle aurait bien tendance à me prendre moi, pour "son" curé.... Car quand elle est comme ça, elle fait le bilan de sa vie elle me dit"j'ai pas toujours été gentille"...."je faisais beaucoup de bêtises", etc.....Et qu'elle me confie ça, ça me fait bien plaisir. Parce que elle, ça la soulage, et puis pour moi, c'est très gentil, et très valorisant.... Alors, elle finit toujours en me disant "si vous saviez comme je suis soulagée..... c'est enfin fini, je vais enfin partir, comme je suis heureuse"... Mais surtout, sachez bien que je suis ravie de vous avoir rencontrée. Vous avez été mon dernier rayon de soleil....."... C'est adorable, de me dire ça. Puis à chaque fois, je lui fait un bisou, en partant, puis je lui dis "ne vous inquietez pas, je suis sûre que vous vous trompez. Je reviens mercredi, et vous serez encore en vie".
Puis la semaine d'après, elle est requinquée. et je lui dis "la semaine dernière, vous étiez parsuadée que vous alliez partir, et vous voyez, vous êtes encore là".
C'était son anniversaire, il y a quelques jours. Elle en revenait pas d'être arrivée jusque là.... 91 ans." Ho ben , ça alors!.... comment que j'ai fait mon compte ?".... Elle a toujours un sourire d'ange, Marcelle. Quand elle partira, je ne serai pas triste. Je ne pleurerai pas non plus. Je sais que j'aurai été son dernier rayon de soleil, sur le paysage de sa vie.

2 commentaires:

Miss canthus a dit…

Elle en a de la chance Marcelle, d'avoir une "copine" comme toi qui régulièrement, lui fait une visite...
Il y a tant de "petits vieux" qu'on oublie dans des mouroirs...et qui n'ont plus de raisons de sourires, encore une fois...!
Et oui, me revoilà...tu vois Salpi, il suffisait de me le dire et ....j'arriiiiiiiiiiiive :-)

salpiglossis a dit…

Bonjour, miss. Je me disais bien aussi que tu ne tarderai pas à rapliquer. Oui, Macelle elle est vraiment adorable. Elle me fait rigoler quand elle me raconte les bêtises qu'elle faisait quand elle était enfant, bon, je crois qu'elle en rajoute pour se faire mousser un peu, mais c'est pas grave. C'est de bonne guerre, je ferai peut être de même moi, si j'étais à sa place.